Aller au contenu principal

Publié le 27 août 2026

Le virus du Nil occidental a été mis en évidence pour la première fois chez le cheval en Suisse

Le 26 août 2026, l’IVI a signalé un cas d’infection par le virus du Nil occidental chez un cheval en Suisse. Étant donné que le cheval n’est jamais allé à l’étranger, il s’agit de la première infection par ce virus en Suisse. Compte tenu des nombreux cas déjà annoncés chez les chevaux et les humains dans plusieurs pays européens, cette confirmation n’est pas une surprise. Le virus se transmet par les moustiques.

Chez le cheval, la fièvre du Nil occidental fait partie des épizooties à surveiller : à ce titre, elle est soumise à l’annonce obligatoire. Un vaccin autorisé est disponible en Suisse pour les chevaux.

Un diagnostic par étapes a permis à l’IVI d’identifier l’agent pathogène chez un cheval présentant des symptômes neurologiques. Des anticorps IgM contre le virus du Nil occidental ont été détectés dans des échantillons de sérum, suggérant une réponse immunitaire peu après l’infection. Ce diagnostic a pu être confirmé dans des échantillons prélevés quelques jours plus tard sur le même cheval, dans lesquels des anticorps IgM contre le virus du Nil occidental ont été mis en évidence. Cette réponse immunitaire indique clairement que l’animal a été infecté. Compte tenu du fait que le virus n’a pas pu être détecté directement dans les échantillons de sang et afin de pouvoir exclure toute réactivité croisée des anticorps contre d’autres flavivirus, les échantillons ont également été envoyés à l’institut Friedrich Loeffler en Allemagne, qui a confirmé la présence d’anticorps neutralisants du virus du Nil occidental dans tous les échantillons de sérum de l’animal. Entre-temps, le cheval s’est remis de la maladie.

Après l’annonce du premier cas d’infection par le virus Shamonda chez le cheval le 25 août 2026, il s’agit de la deuxième maladie virale apparaissant pour la première fois en Suisse chez les chevaux en l’espace d’une semaine. Tous les échantillons prélevés sur des chevaux présentant des symptômes neurologiques et qui ont été analysés à l’IVI sont systématiquement testés en vue de détecter la présence de ces deux agents pathogènes.

Le cheval et l’humain sont des hôtes accidentels
Le virus du Nil occidental se transmet par des moustiques du genre Culex ; on le trouve principalement chez les oiseaux sauvages. Il peut toutefois être transmis à l’être humain et à des mammifères (par ex. aux chevaux) ainsi qu’à d’autres vertébrés. En revanche, une transmission directe entre chevaux ou d’un cheval à l’être humain n’est pas établie. Ainsi, le cheval et l’homme sont ce que l’on appelle des hôtes accidentels.

Symptômes et évolution de la maladie
Si la plupart des chevaux infectés ne présentent pas de symptômes, une maladie neurologique grave peut se développer dans environ 10 % des cas. Chez l’être humain, l’infection se déroule le plus souvent de manière asymptomatique ou alors avec une légère fièvre. Toutefois, dans de rares cas, elle peut entraîner une encéphalite ou une méningite grave.

Rien de surprenant
Compte tenu des nombreux cas signalés dans plusieurs pays européens chez le cheval et l’être humain, le cas de fièvre du Nil occidental chez un cheval en Suisse n’est pas une surprise. Dans certains pays européens, le nombre de cas a nettement augmenté, en particulier cette année. En 2022, le virus du Nil occidental a été détecté pour la première fois en Suisse (Tessin) chez des moustiques indigènes. En 2025, le premier cas de transmission locale par des moustiques a été confirmé chez l’être humain.

Ce premier cas chez un cheval renforce l’hypothèse selon laquelle le virus s’établit de plus en plus au nord des Alpes.

One Health
La fièvre du Nil occidental est une zoonose, car elle est transmissible de l’animal à l’être humain. L’IVI, l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires et l’Office fédéral de la santé publique collaborent depuis plusieurs années avec différents instituts de recherche en Suisse, dans le but de renforcer la surveillance du virus du Nil occidental selon l’approche « One Health ». Les différentes activités sont coordonnées par le groupe de travail inter-offices sur les vecteurs. L’IVI mène lui-même divers projets de recherche sur la fièvre du Nil occidental, tant dans le domaine de la surveillance des oiseaux sauvages Blog Corinne Gerber – Oiseaux migrateurs et virus qu’en ce qui concerne les mécanismes d’infection chez l’être humain Blog Amal Fahmi – Organoïdes.

Diagnostic

La fièvre du Nil occidental, ou fièvre de West Nile, est une épizootie à transmission vectorielle classée dans les épizooties à surveiller (ordonnance sur les épizooties, OFE). Les analyses de diagnostic sont réalisées par l'IVI à Mittelhäusern. Veuillez toujours envoyer des échantillons pour le dépistage simultané du génome du virus et des anticorps.

Échantillons à prélever
Dépistage du génome du virus (RT-qPCR)

  • Animal vivant : sérum, liquide céphalo-rachidien
  • Animal mort : cerveau, liquide céphalo-rachidien

Dépistage des anticorps (important : indiquer le statut vaccinal)

  • Sérum

Diagnostic des épizooties – Chevaux